Les travaux dans mon nouvel appartement ont débuté lundi. Armé de mon fidèle pied de biche (emprunté au beau frère) ainsi que de ses compagnons, le marteau, le burin, le vaporetto et l'huile de coude, ma première mission a été de déposer le plancher (en jargon de geek maçon-carreleur, ça veut dire virer à coup de pompes pour que ça parte à la benne). Cela devrait me faire économiser les 1200€ qu'un des artisans m'a estimé pour ce travail, avant de poser le nouveau parquet. C'est cher me dites vous. Oui et non. Oui parce que je n'ai pas un salaire de ministre (dans la moyenne dirons nous), mais surtout après avoir acheté un appartement, mes économies ont été réduites à peau de chagrin. Et non, parce que vu le boulot qu'il y a à faire, je comprends le prix.

Le vif du sujet

C'est revêtu de mon plus beau bleu de travail transmis de père en fils (merci p'pa, mais ça me rentre un peu dans les fesses quand je m'accroupis) que j'ai dû me battre avec le lino à coup de cutter pour trouver les jonctions entre les plaques de Novopan (panneaux d'aggloméré), et les faire sauter au pied de biche. Les plaques font environ 1,50m sur 2m. J'avais d'abord eu l'intention de décoller tout le lino, mais cela s'est avéré impossible.

Rien que pour cette opération, cela m'a pris la journée : les plaques étaient vissées et clouées à l'ancien parquet en pin qui se trouve en dessous. Et puis il y a quelques surprises... Le salon est en fait la réunion de deux anciennes chambres, dont la cloison a été abattue. Et entre le Novopan et le plancher, on a pu retrouver... Le lino d'une des chambres ! Faut croire que c'était vraiment des feignasses, ils ont fait des croques monsieur... Alors je me suis un peu pris pour un archéologue en découvrant le lino vert à fleurs datant de 1954. Comment je connais la date ? On a retrouvé des feuilles de l'Humanité de 1954 sous ce lino ! 54 ans après, le maire de la ville est toujours un communiste :-)

Pendant ce temps là, Aurore décollait, d'abord du papier peint, puis rapidement (parce que c'est pas drôle le papier peint) le carrelage de la cuisine à coup de marteau et de burin. Demain, je dois attaquer le réagréage qui était sous le carrelage au marteau et au burin. Et puis les fouilles continueront, puisqu'en dessous il y a un grillage type cage à poule, et encore en dessous, le parquet. Je vous avais dit qu'ils avaient fait ça comme des porcs ? Eh bien ce n'est pas fini...

L'agent immobilier, ce charmeur de serpents

Après s'être entendu dire que le lino était posé sur le parquet d'origine, on avait déjà eu la surprise de découvrir qu'il était en fait collé sur du Novopan, lui même cloué à ce qu'il y avait en dessous. En même temps, difficile de sortir un pied de biche à la première visite, et le temps de se décider, le compromis de vente était déjà signé quand on a dévissé les barres de seuil pour se rendre compte que la situation était un peu plus complexe qu'on ne l'attendait.

A posteriori, elle est beaucoup plus complexe. En effet, outre les différentes strates à éliminer avant même de penser à mettre le nouveau plancher, d'autres "détails" sont apparus. Comme la cheminée par exemple. Le "je ne m'engage pas sur le fonctionnement de la cheminée, mais un bon ramonnage devrait suffir" de l'agent immobilier, s'est transformé jeudi dernier dans la bouche de l'artisan venu faire un devis en "mais c'est n'importe quoi, c'est une cheminée décorative, si vous faites du feu là dedans tout flambe", puis enfin dans ma bouche ce lundi en "mais c'est des porcs, ils ont construit la cheminée sur la dalle de Novopan ! On est obligé de soit découper le Novopan autour de la cheminée pour poser le nouveau parquet, soit d'abattre la cheminée !".

Sandwich au parquet

On récapitule, on a de haut en bas :

Pour le salon :

  • lino collé
  • Novopan
  • lino posé (sur une des 2 anciennes chambres)
  • parquet

Pour la cuisine :

  • carrelage
  • réagréage
  • grillage "cage à poule"
  • parquet

Pour l'entrée :

  • carrelage
  • réagréage
  • ancien carrelage
  • parquet

D'un coup les 1200€ sont un peu plus justifiés... Surtout qu'il y a l'escalier qui repose là dessus à maintenir. Heureusement, le voisin du dessous a une cheminée qui fonctionne, lui, et récupérera le parquet comme bois de chauffage pour cet hiver. C'est toujours ça de moins à emmener à la déchèterie...

Les travaux en images...

Le salon avant les travaux

Et le même après une journée de boulot

Les différentes strates avec le Novopan pris en sandwich entre deux linos

L'escalier du salon, reposant lui aussi dur une dalle de Novopan, et celles arrachées posées contre le mur

Le beau lino 1954

La cuisine sans carrelage...

Le carrelage à part

La reine du burin. Tel Attila, là où elle passe, le carrelage ne repousse pas.