L'achat de l'appartement
Fin des péripéties (en tout cas celles de l'achat). Dans la conjoncture
morose actuelle, difficile de dire si j'ai fait une bonne affaire. Je ne pense
pas, vu le prix au mètre carré, mais le bien est un peu spécial aussi (1 étage
+ chambre sous les toits), En tout cas je sais que je n'achèterai plus de bien
immobilier par une agence, vu qu'ils sont juste là pour jouer les commerciaux,
et passer à la caisse au final. Parce que la première fois que j'ai acheté un
appartement, je me suis dit au final que c'était des brigands. Cette fois ci,
je me méfiais, mais je me suis fait avoir quand même (forcément, on se fait
toujours avoir sur un détail, mais jamais le même, donc difficile de
prévoir...). Seul point positif de l'affaire : la notaire qui a bien fait son
boulot (pour mon premier achat, le notaire avait bâclé le truc et n'a
apparemment pas fait des masses de vérifications).
Mais bon, haut les coeurs, je suis l'heureux (?) propriétaire d'un 2 pièces,
après près de 29 ans de vie en location. Mes parents ont loué 30 ans en France
et n'ont rien ici, donc c'est à la génération suivante de faire son trou :-).
Je vais donc me retrouver avec Aurore dans un 41m² dans un quartier
pavillonnaire (moi qui ai vécu 17 ans en HLM de 13 étages), sans voisin du
dessus.
Les voisins
Ce dernier point est important. Parce que mes voisins du dessus, je rêve de
les étriper. Cette charmante famille est composée de :
- 1 mère qui gueule sur tout enfant de moins d'1m80.
- 1 père qui doit passer plus de temps sur sa perceuse que moi sur mon PC,
quelle que soit l'heure.
- 2 filles qui dès que les parents ne sont pas là invitent leurs potes à la
maison.
- 1 garçon que j'ai retrouvé une fois en train d'écrire sur les murs de
l'immeuble.
- 1 tout petit (fils d'une des filles ?) qui a fait mon bonheur à une époque,
me réveillant à 4H00 du matin par ses pleurs...
- 3 clébards à qui il faudrait couper les griffes (et qu'on appelle entre
nous "tic-tic")
Quelques anecdotes en vrac sur ces charmantes personnes : un soir que les
parents n'étaient pas là, je me suis retrouvé à sonner à 3h du matin en semaine
pour signaler aux filles qui avaient rameuté tous les potes que certaines
personnes ont une activité diurne appelée travail, et que bizarrement, la nuit,
ils souhaitent dormir. La dernière fois que j'ai dû monter sonner, personne n'a
ouvert (ma musculature a dû les impressionner, les pauvrettes). Ah, une fois,
une des filles m'a réveillé un dimanche matin en poussant la sono. Vous ne
pouvez pas savoir ce que c'est de se réveiller en fanfarre par un remix techno
de la soupe aux choux...
Je vais donc avoir le grand plaisir de ne plus avoir de voisin du dessus, et
comme je vais dans une petite copropriété, j'aurai juste 2 voisins (il y a 4
appartements et 1 est vide).
Le train
Habiter près d'une gare RER, c'est pratique. Mais ça l'est moins quand :
- on met plus de temps à attendre l'ascenceur pour descendre ses 11 étages
que pour se rendre à la gare
- on a du mal à dormir les fenêtres ouvertes en été que ce soit à cause du
passage des trains qu'à cause des annonces vocales
- il y a un truc intéressant à la télé et la porte du balcon est ouverte (si,
si, des fois - et pas que quand je mate des animés), et là un train passe
rendant 15 secondes de votre programme préféré inaudibles
Je vais donc me retrouver à 10 minutes à pied d'une gare RER (au lieu de 3
minutes), mais je gagne sur le temps pour sortir du bâtiment (1 étage à
descendre à pied au lieu de 11 en ascenceur).
Les branleurs du hall
Ha, ça aussi ça va me manquer... Cette joie de rentrer au logis après une
dure journée de labeur, et de trouver une masse de jeunes péteux fumant du shit
dans le hall d'entrée, ou devant l'immeuble, discutant de choses et d'autres,
comme du dernier passage devant le juge (véridique). En fait il faut les
comprendre ces pauvres jeunes, la société est vilaine et les a rejetés. Elle
les a mis dans des pauvres écoles, les a fait habiter dans les pauvres HLM qui
entourent le collège (les cages à poules comme l'a dit un de mes profs de
dessin), et pour ne rien arranger, ne les a pas fait naître dans des familles
de bons français, faisant d'eux des fils d'immigrés.
Un petit sage chauve avec une longue mèche blonde a dit un jour : "Pô
cool la société". Je vous laisse méditer. [1]
Je comprends par conséquent qu'ils en soient réduits à bouffer des kebabs
dans les halls d'immeubles en hiver en buvant du coca et du whiskey. Bien sûr,
c'est un acte militant pour eux : laisser le sol aussi gluant que possible
après leur passage montre le bourbier socio-économique du modèle d'intégration
"à la française".
En tout cas, ils ont des capacités d'organisation insoupçonnées. Graver des
petits messages comme "Nike la bac" sur les portes d'ascenceur leur permet
d'exercer leurs facultés de travail colaboratif, et de centraliser
l'information. Et oui, dans mon immeuble, ils ont inventé le wiki avec
plusieurs années d'avance. De même, j'arrive à déduire qu'ils ont une culture
télévisuelle assez étendue. Ce sont des fans du "Juste Prix" avec Philippe
Risoli. Ils ont même reproduit le fameux "jeu du coup de poing" avec le faux
plafond du hall. Mais pas de chance, il n'y avait pas de petit papier derrière
les trous faisant gagner 50 000F. C'est sûr, c'est bien plus joli avec tous ces
trous : le faux plafond ressemble à la robe d'un dalmatien.
Enfin, ils ne rataient pas une occasion de montrer à quel point leur
instinct de survie est aiguisé : ils doivent pouvoir faire du feu pour se
chauffer, ou faire cuire un steak de mammouth. Bon y a plus trop de mammouths
par chez nous, mais s'ils revenaient, ça irait mal pour eux, tellement les
petits jeunes se sont entraînés sur les poubelles et les voitures (j'aime quand
les pompiers viennent sonner chez moi à 2H00 du matin, pour me conseiller de
boucher les aérations, d'habitude je ne les vois que pour les calendriers).
Fini donc ce contact privilégié avec la jeunesse, mais tant qu'il y aura des
skyblogs, j'arriverai bien à avoir des nouvelles...
Le nouveau chez moi
La rue de devant donne sur une rue en sens unique peu passante. L'arrière
donne sur des jardins. Pas de voisins au dessus. On est pas très loin d'Orly,
mais on entend quasiment pas d'avions. Un grand parc à 5 minutes. La gare à 10
minutes. Le TVM à 5 minutes. Bien sûr
je vais devoir reprendre les transports, mais bon, ça me fera une excuse pour
m'acheter un netbook :-) . Je passerai de 30 minutes à 1H30 de transports par
jour, mais je serai plus écolo, prenant les transports en commun plutôt que ma
Clio (poubelle-mobile pour les intimes). Depuis bientôt 4 ans que je suis à la
RATP, je ne prenais plus les transports, alors que pourtant, je n'aime pas
conduire... Et pour finir c'est une ville de gauche, ça ne fait pas de mal.
Bref, un havre de tranquillité (je l'espère, je le saurai quand je serai
dedans). Enfin, pour parfaire et élargir vos connaissances en habitat urbain,
je vous conseille la lecture du magnifique ouvrage "Les Bidochon en Habitation à Loyer
Modéré"
La vue de la cuisine sur les jardins :

[1] Juste au cas où ce n'était pas clair : je suis allé dans les mêmes
écoles qu'eux, je suis fils d'immigré, et j'habitais (et j'habite encore pour
au moins un mois) la même cage à poule. Sauf que moi à l'école, j'écoutais. Et
pis pour les incultes pourris du slip, le sage, c'est Titeuf ;-)